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Près de 6 œufs sur 10 contiennent des PFAS : que faire des œufs de vos poules avant de les manger ou de les acheter

Près de 6 œufs sur 10 analysés contiennent des PFAS et un sur quatre dépasse les seuils. Ce que recommande Xavier Coumoul pour vos poules et vos courses.

Par la rédaction du Reste du frigo · publié le

Mains d'adulte tenant des œufs bruns dans une boîte près d'un poulailler de jardin, sol de terre nue

Vous ramassez les œufs de vos poules, ou vous achetez du plein air en pensant bien faire. L'enquête d'ICI et de la Cellule investigation de Radio France change la donne : près de 60 % des œufs analysés contiennent des PFAS, un quart dépasse les seuils. Voici quoi vérifier, et quoi éviter.

En bref

  • 91 œufs de poules élevées en plein air ont été analysés : près de 6 sur 10 contiennent des PFAS.
  • Un œuf sur quatre dépasse les seuils réglementaires, chez des particuliers comme chez des professionnels, selon les territoires.
  • Le toxicologue Xavier Coumoul conseille de ne pas manger les œufs hors norme et de renouveler les sols contaminés.

Le chiffre clé : 1 œuf sur 4, dépasse les seuils réglementaires parmi les œufs de poules en plein air analysés.

Près de 6 œufs sur 10 contiennent des PFAS, un sur quatre dépasse les seuils

Le réseau ICI et la Cellule investigation de Radio France ont fait analyser 91 œufs de poules élevées en plein air. Résultat : près de 6 contiennent des PFAS sur 10, ces polluants dits « éternels » parce qu'ils ne se dégradent presque pas. Et un œuf sur quatre dépasse les seuils réglementaires.

Pour votre budget courses, le message est simple. Un œuf « plein air » n'est pas une garantie d'absence de pollution. Ce qui compte, c'est le sol sur lequel les poules grattent, picorent et vivent.

Ce qui a été mesuréRésultat
Œufs de poules en plein air analysés91
Œufs contenant des PFASprès de 6 sur 10
Œufs au-dessus des seuils réglementaires1 sur 4

Les poules de particuliers sont touchées autant que les élevages professionnels

L'enquête ne s'est pas limitée aux producteurs. Les prélèvements ont été faits chez des particuliers comme chez des professionnels, un peu partout en France. Les œufs du poulailler de jardin sont donc concernés au même titre que ceux des boîtes de supermarché ou du marché.

Si vous avez des poules, l'économie réalisée sur l'achat d'œufs peut avoir une contrepartie : vous ne savez pas ce que contient votre terrain. Et si vous achetez du plein air, vous ne le savez pas davantage.

Les résultats varient beaucoup d'un territoire à l'autre. Votre localisation compte donc plus que le mode d'élevage affiché sur l'emballage.

Usines, boues, stations d'épuration, incinérateurs : d'où viennent les PFAS

Les origines sont multiples selon les territoires. L'enquête pointe notamment la « vallée de la chimie », au sud de Lyon, les épandages de boues industrielles, les stations d'épuration et les rejets des incinérateurs de déchets.

Xavier Coumoul, professeur de biochimie et toxicologie à l'Université Paris Cité, a détaillé le sujet sur franceinfo le mardi 6 octobre. Pour lui, les sites à risques sont à la fois ceux de production et d'utilisation des PFAS, et les sites d'incinération et d'épandage des boues.

  • Si vous vivez près d'une zone industrielle ou chimique, restez vigilant.
  • Si des boues ont été épandues autour de votre terrain, pensez à votre poulailler.
  • Si un incinérateur ou une station d'épuration se trouve à proximité, même réflexe.

Un œuf hors norme ne se mange pas, un œuf proche de la norme pas tous les jours

Pour les œufs des particuliers, Xavier Coumoul est clair : il faut varier son alimentation. Il ajoute que si les œufs dépassent les normes, on ne les consomme pas. Et s'ils sont proches des normes, on n'en mange pas un par jour.

Pascal Vaudin, maître de conférences en biologie à l'université de Tours, va dans le même sens sur ICI Berry. Dans les zones où les niveaux sont très élevés, il voudrait que plusieurs échantillons soient dosés et que la population soit informée, pour l'inviter à consommer moins d'œufs de ses poules.

Pourquoi tant de prudence ? Xavier Coumoul rappelle les risques liés aux PFAS dans l'alimentation : retard de croissance chez les enfants à la naissance, dysfonctionnement du système immunitaire, cancers et changements métaboliques.

Côté budget, l'enjeu est de ne pas jeter à l'aveugle ni manger sans savoir. Sans analyse, impossible de dire de quel côté de la norme se trouvent vos œufs : réduire la quantité et varier les sources de protéines reste le réflexe le plus accessible.

La piste de Xavier Coumoul : tester les sols, puis les renouveler s'ils sont contaminés

Le scientifique ne se contente pas de conseils de consommation. Il vise la cause, c'est-à-dire la terre.

« Il faut renouveler les sols s'ils sont contaminés aux PFAS »

Xavier Coumoul, professeur de biochimie et toxicologie à l'Université Paris Cité, sur franceinfo le 6 octobre.

Dans les zones à risque, il appelle à accompagner les éleveurs et les agriculteurs, au minimum avec un test des sols ou de la remédiation, c'est-à-dire renouveler le sol pour qu'il ne soit plus contaminé.

Aucun tarif de test ou de remplacement de terre n'a été avancé à ce stade. Pour un particulier, la première étape reste donc de se renseigner sur l'historique de son secteur : industrie, boues, incinérateur, station d'épuration.

Vos questions

Les œufs plein air sont-ils plus à risque que les autres ?

L'enquête a porté sur 91 œufs de poules élevées en plein air, sans comparaison avec d'autres modes d'élevage. Près de 6 sur 10 contiennent des PFAS et un sur quatre dépasse les seuils réglementaires.

Faut-il jeter les œufs de mes poules ?

Xavier Coumoul explique que si les œufs dépassent les normes, on ne les consomme pas. S'ils sont proches des normes, il déconseille d'en manger un par jour, et recommande de varier son alimentation.

Que faire si mon terrain est peut-être contaminé ?

Dans les zones à risque, le scientifique préconise au minimum un test des sols, voire de la remédiation, c'est-à-dire renouveler le sol. Pascal Vaudin souhaite aussi que plusieurs échantillons soient dosés dans les zones très touchées et que la population soit informée.

Sources : franceinfo.