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+150 % en cinq ans pour l'œuf en Espagne : pourquoi la boîte d'œufs pèse de plus en plus sur le panier

L'œuf a pris près de 150 % en cinq ans en Espagne : grippe aviaire, coûts de production, demande. Ce que ce repère dit du prix de la boîte.

Par la rédaction du Reste du frigo · publié le

Étagère réfrigérée de supermarché garnie de boîtes d'œufs en carton, une main d'adulte en saisit une

Vous mettez une boîte d'œufs dans le caddie sans y penser. En Espagne, le prix de l'œuf a grimpé de près de 150 % en cinq ans, juste derrière les légumes. Grippe aviaire, coûts de production et demande en hausse expliquent ce choc, et le mouvement continue en 2026.

En bref

  • Le prix des œufs a gagné près de 150 % en cinq ans en Espagne, derrière les seuls légumes.
  • Grippe aviaire avec abattage massif de poules pondeuses, énergie et alimentation plus chères : les coûts de production ont bondi.
  • La hausse continue en 2026 : de 12,5 % à 16 % de plus sur un an, d'après les organisations agricoles.

Le chiffre clé : 150 %, hausse du prix des œufs en cinq ans en Espagne, selon l'INE.

L'œuf a gagné près de 150 % en cinq ans, et la hausse se poursuit en 2026

Le chiffre vient d'Espagne, mais il parle à tout foyer qui remplit un caddie. D'après les données cumulées de l'Institut national de la statistique espagnol, le prix des œufs a augmenté de près de 150 % sur cinq ans. Seuls les légumes font pire dans la liste des aliments qui ont le plus renchéri.

Le mouvement ne s'est pas arrêté. En 2026, les organisations agricoles comme Asaja relèvent une hausse supplémentaire de 12,5 % à 16 % sur un an, avec de légères variations selon le mois et le type d'œuf. Le marché espagnol pèse désormais 1,65 milliard d'euros, porté à la fois par la demande et par des prix plus élevés.

Les repères à retenir :

IndicateurValeur
Hausse du prix sur cinq ansprès de 150 %
Hausse supplémentaire sur un an en 202612,5 % à 16 %
Achats des foyers entre 2022 et 2025+15 %, soit 438 millions de kilos par an
Œufs par habitant : 2022, 2023, 2025131, 137, puis 147
Valeur du marché en 20251,65 milliard d'euros

Ces chiffres agrégés masquent des écarts d'un mois à l'autre et d'un type d'œuf à l'autre, mais la tendance est nette.

Grippe aviaire, énergie et alimentation des poules font monter la facture

Trois mécanismes se cumulent. D'abord, plusieurs flambées incontrôlées de grippe aviaire en Amérique et en Europe. Elles obligent à abattre massivement des poules pondeuses, donc l'offre se contracte.

Ensuite, les coûts de production ont grimpé : alimentation des poules, énergie, avec en toile de fond la situation géopolitique en Ukraine et au Moyen-Orient. Enfin, la consommation augmente, ce qui tire le prix vers le haut par la simple loi de l'offre et de la demande. Les sources précisent toutefois que d'autres facteurs pèsent davantage que la demande.

Le syndicat agricole Coag parle d'une « tempête parfaite » : la demande en hausse se combine à la grippe aviaire et à des coûts qui montent avec l'instabilité géopolitique. Aucun de ces éléments ne se règle en quelques semaines.

La demande ne fléchit pas, et c'est ce qui entretient la hausse

L'œuf est ce que les économistes appellent une demande inélastique : même quand son prix grimpe fortement, les achats restent stables. Fred Ashton, de l'American Action Forum, estime qu'une hausse de prix de 10 % ne réduit la consommation que d'environ 1,5 %.

« n'importe quelle baisse de l'offre, aussi petite soit-elle, multiplie exponentiellement le prix final au supermarché. »

Fred Ashton, directeur de la politique de concurrence à l'American Action Forum

Les chiffres espagnols le confirment. Entre 2022 et 2025, les achats des foyers ont progressé de 15 %, jusqu'à 438 millions de kilos par an, soit environ 906 millions d'œufs de plus chaque année. En 2025, chaque Espagnol a mangé 147 œufs en moyenne, contre 137 en 2023 et 131 en 2022.

Ce rythme de consommation approche déjà les pics historiques du confinement lié au Covid-19.

Une douzaine à plus de quatre euros : les arbitrages d'une mère de famille

Mari Carmen achète deux douzaines d'œufs par semaine, et parfois ce n'est pas suffisant. Elle compare : « Avant la pandémie, on pouvait acheter une douzaine pour un peu plus d'un euro. Maintenant, si ça descend en dessous de quatre euros, c'est rare. »

Sa réponse tient en deux gestes. Elle prend des œufs ordinaires de taille M, pas des œufs plein air ni des œufs « chics », dont le prix lui paraît fou. Et elle préfère renoncer à d'autres produits, comme le thon en conserve, qui a lui aussi beaucoup augmenté.

José, chef cuisinier dans une cantine scolaire, rappelle de son côté que l'œuf, même plus cher qu'avant, reste bien moins cher que le poisson ou le bœuf comme source de protéines.

Ce repère espagnol éclaire votre propre panier d'œufs

Soyons précis : ces chiffres décrivent le marché espagnol, pas les rayons français. Mais les causes citées, grippe aviaire en Europe, énergie, alimentation des poules, ne s'arrêtent pas aux frontières. C'est ce qui en fait un bon repère pour lire votre ticket de caisse.

Le cas espagnol suggère trois réflexes :

  • Comparer le prix des œufs ordinaires et celui des œufs plein air, car c'est là que le ticket s'envole.
  • Garder en tête que l'œuf reste, selon un cuisinier de cantine, bien moins cher que le poisson ou le bœuf.
  • Arbitrer sur d'autres produits plutôt que d'y renoncer, comme le thon en conserve dans l'exemple cité.

Reste un fait : en 2026, la pression ne retombe pas côté espagnol, avec 12,5 % à 16 % de hausse sur un an.

Vos questions

De combien le prix de l'œuf a-t-il augmenté en Espagne ?

Près de 150 % sur les cinq dernières années, selon les données cumulées de l'Institut national de la statistique. Les organisations agricoles comme Asaja relèvent en plus une hausse de 12,5 % à 16 % sur un an en 2026.

Pourquoi les œufs coûtent-ils plus cher ?

Trois facteurs se cumulent : les flambées de grippe aviaire qui imposent l'abattage massif de poules pondeuses, la hausse des coûts comme l'alimentation et l'énergie, et une consommation en progression. Les deux premiers pèsent davantage que la demande.

Achète-t-on moins d'œufs quand ils coûtent plus cher ?

Très peu. Une hausse de prix de 10 % ne réduit la consommation que d'environ 1,5 %, selon Fred Ashton. En Espagne, les achats des foyers ont même progressé de 15 % entre 2022 et 2025.

Sources : franceinfo.